Chères lectrices, chers lecteurs
Chères auditrices, chers auditeurs
A vous mes amis, La Grande et Pulpeuse Ludoffy, Toi Ô Nayru, mon Petit Flocon parisien,
A toi, Kévin, qui crois que Nicolas Sarkozy est la nouvelle caillera des quartiers chauds agricoles,
A vous mon bon Roy aurillacois en pleine ascension.
Ben oui, bande de flapis décérébrés du cortex. Ben oui. Moi je vous comprends. Vous ne faites que reproduire le schéma théoriquement juste et bon des comportements de vos ainés. C’est ça le complexe œdipien. Rendons hommage et justifions par la même occasion les théories à hurler de rire de Françoise Dolto.
Prenons un exemple. Un exemple tout bête. Je ne sais pas moi… Ben tiens, Samedi dernier. Vous avez vu ! Notre cher président. Attention, quand je dis « cher », là encore, ni voyez pas une quelconque forme d’attendrissement pour le personnage. Parce que, d’une, je ne le connais pas suffisamment et personnellement pour me mettre dans une situation effroyable d’indigence de familiarité sournoise. Et de deux, je ne veux pas qu’on me tamponne l’arrière-train au fer rouge d’un quelconque logo politico-sublimatoire. Mais, et afin de faire taire de fausses rumeurs, et je ne le répèterais jamais assez : je ne suis pas apolitique. C’est même tout le contraire. Je suis Homme politique. Avec un grand H. Non, pas maintenant Kévin, tu peux ranger ton nécessaire à arme destruction massive de neurones.
Je suis Homme politique. Mais je ne fais pas de politique.
Comment vous dire. Comment vous faire comprendre cette nuance subtile mais vitale à saisir à mon égard. Je sais bien qu’il est plus facile de comprendre les derniers résultats d’audience de la Star Ac’ sur TF1 dont je tairai tout commentaire ici. Y’a pas de raison pour que ce soit toujours les mêmes qui trinquent.
Quand je dis « je suis Homme politique », cela sous-entend dans un sens constitutionnel que je participe à la vie de l’Etat. Rappelez-vous … pardon, non, je vais l’apprendre pour la majorité d’entre vous. Dans la Constitution française de la Vième République, dans le titre premier qui traite de la souveraineté, l’article 2 stipule : le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Je fais parti du peuple. Du moins j’essaye. Ce n’est pas facile tout les jours. Mais ainsi, je suis dans le rouage du fonctionnement de l’Etat. Seulement, imaginez un pays où tout les gens pourraient gouverner. Ce serait impossible. C’est pour cela que sont élus par nos mains et par nos voies les hommes et les femmes politiques, avec respectivement un petit h et un petit f. Respectons ici les égalités.
Toutefois je devrais user pour cette catégorie de personnes le terme de politicien, terme qui, ni plus ni moins, désigne les personnes qui vivent, ou qui tentent de vivre de la politique. Certes, contrairement à eux, je ne m’inscris dans aucun mouvement politique. Mais que voulez-vous, aucun ne remplit une satisfaction pleine et entière de mes attentes. D’ailleurs, je ne pense pas que l’on adhère à un parti parce qu’il est le meilleur à nos yeux mais parce qu’il s’approche le plus de nos idéaux.
Mais, comme le disait Louis XIV en enjambant Marie Thérèse d’Autriche après la signature du traité des Pyrénées en 1659 « tournons cette page politique et retournons au débat ».
Notre cher président, au sens onéreux du terme donc, du peuple, par le peuple et surtout pour le peuple, a une nouvelle fois démontré ses talents d’enseignant de la morale. Et il est le premier à respecter à la lettre ces préceptes. Rappelez-vous sa maxime faite à Madame Royal : « Pour être président de la République, il faut être calme ».
Ayant suivi l’affaire de part les dépêches de l’AFP, je me suis vite rendu compte que M. Sarkozy était un homme incompris, comme les jeunes. Tout deux souffre du même mal. Si vous n’avez pas vu ou pas pu voir cette fameuse altercation, je vous invite à le faire (cette vidéo est étrangement et massivement accessible sur les sites de partage de vidéos). Retranscrivons ce dialogue historique ici-même avec le petit Nicolas dans le rôle du président effarouché, et Pimprenelle dans le rôle du junky en sortie agricole. La scène se passe au salon de l’agriculture en pleine période de Carême. Il ne manquait plus que les rameaux de palmier accrochés aux queues des vaches pour ventiler la salle des éventuels gaz carboniques créant un effet de serre localisé.
Nicolas : Bonjour, bonjour, merci, bonjour.
Pimprenelle : Ah non, touche moi pas.
Nicolas : Casse-toi alors.
Pimprenelle : Tu me salis.
Nicolas : Casse toi alors pauvre con. … Merci.
Nous le savons tous, il ne s’agit pas du premier chef d’œuvre verbal de Nicolas. Mais celui-ci mérite quand même l’Oscar. Analysons le texte car il y a mépris dans les propos. Si on replace la situation dans le contexte, c'est-à-dire au salon de l’agriculture, notre Président était amené à serrer de ses mains beaucoup de choses. Notamment des animaux de ferme. Mais n’ayant pas coutume de côtoyer tous les jours Marguerite, Aglaé ou Sidonie, il aura vite confondu les mains humaines aux sabots de vache et pâtes d’oie qui défilaient par là. Du coup, aux mêmes titres que Jean-Paul Sartre, et sans comprendre ni comment ni pourquoi, il eu vite fini d’avoir les mains sales et la nausée.
Ainsi, on comprend aisément la position de Pimprenelle, toujours propre sur lui et coquette comme un sou neuf. Et en tant que visiteur habituel et averti, Pimprenelle aurait pu être plus conciliant avec le nouveau venu. Mais non. Tel est le drame de cette merveilleuse pièce de théâtre qu’est la vie.
Le plus intéressant dans cette histoire, c’est, à mon gout, la suite des évènements. En effet, dans la journée du Lundi qui suivait, les personnes qui étaient présentes lors d’un traditionnel « Face aux lecteurs » organisé par l’Elysée, le protagoniste n’exprimait apparemment aucun regret dans cette histoire. Toutefois, le soir même, alors que Le Parisien allait passer au marbre son édition, un communiqué de l’Elysée leur demandait d’ajouter à l’entretien original le regret profond de ses propos par la phrase suivante qui fut le titre de l’article du journal susdit « j’aurais mieux fait de ne pas lui répondre ». L’AFP va même plus loin dans le débat diarrhéique en avouant que le président aurait dit texto : « J’aurais pas du dire casse-toi ».
Alors, résumons-nous. Il aurait simplement dit « Pauvre con ». Bravo. L’art de la litote présidentielle n’est pas perdu.
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